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Sans deviner
C'est le crochet qui rend tout ça simple à la maison. Il enlève la part de devinette — et il y en a plus qu'on ne croit.
Trouver le bon niveau de sel est un art, et sans guide on tombe rarement juste. Trop peu, la viande ne se garde pas. Trop, personne n'a envie de la manger. Cela dépend du morceau, de la méthode et de ce que tu fais, et c'est là que ça dérape en premier.
Ensuite, savoir quand la décrocher. La viande ne sèche pas à vitesse constante — elle perd du poids vite au début et lentement à la fin, et la vitesse dépend de l'air autour d'elle. Trop sec, la surface durcit en croûte avant que le cœur ait perdu quoi que ce soit : l'humidité reste enfermée et la pièce ne finit jamais. Trop humide, elle ne sèche pas du tout — et c'est la moisissure qui prend la surface.
Et prêt, ce n'est pas un seul chiffre. Une pancetta que tu vas poêler est prête alors qu'elle a encore l'essentiel de son poids. Un biltong que tu manges tel quel doit aller bien plus loin. Chaque recette porte sa propre cible, et le seul moyen de savoir que tu y es, c'est de peser.
C'est tout le travail du crochet. Il garde la recette, pèse la viande pendant qu'elle sèche, lit la température et l'humidité autour d'elle et te dit quand tu y es — et il signale les dérives tant qu'il est encore temps d'agir.
La méthode ancestrale
Le sel tire l'eau hors de la viande, et l'eau est ce dont a besoin tout ce qui voudrait l'abîmer. Enlève-en assez et ce qui reste se garde. C'est aussi simple que ça, et on l'a compris bien avant de savoir pourquoi ça marche.
Tout le reste est affaire de savoir — le genre qui met des générations à se constituer. Combien de sel pour ce morceau-là. Quelles épices, dans quelles proportions, frottées quand. Combien de temps, sous quel climat, et quoi faire quand le temps tourne. Une nonna italienne qui prépare sa pancetta s'appuie sur quatre cents ans d'erreurs commises par d'autres, et presque rien de tout cela n'a jamais été écrit.
Une bonne partie est aujourd'hui dans l'application — des recettes du monde entier et le raisonnement derrière, pour que tu commences là où d'autres se sont arrêtés.
Presque tout suit les mêmes cinq étapes. Le jerky et le biltong font exception : là, une marinade sale et épice en une seule fois, et les deux étapes n'en font plus qu'une.
Le déroulé, en bref :
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1 — Choisir le morceau
Deux façons d'entrer. Si tu sais déjà — une pancetta que tu aimes, une bresaola que tu remets depuis longtemps — prends la recette d'abord, puis trouve le morceau : chez ton boucher, dans une ferme voisine, ou de ta propre chasse. Si tu ne sais pas encore, ouvre le frigo ou le congélateur et laisse l'application te dire ce que ce morceau peut devenir.
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2 — Saler
Du gros sel sec, directement sur la viande : c'est ainsi que se fait la plus grande partie de la charcuterie séchée. La question, c'est la quantité : la méthode traditionnelle, où tu enfouis la viande sous plus de sel qu'il n'en faut — un saladier ou une boîte au frigo suffit — et laisses le temps décider où ça s'arrête, ou la salaison à équilibre osmotique, où tu pèses la viande et ajoutes exactement la quantité de sel que tu veux.
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3 — Épicer
Rince le sel à l'eau, puis rince la surface au vinaigre — de vin, de cidre ou blanc. Il abaisse le pH de surface et la protège, et il apporte une pointe d'acidité. Tamponne pour sécher. Ensuite un film fin d'huile d'olive, c'est lui qui fait tenir les épices. Tu fais du biltong ou du jerky ? Sors-le de la marinade, tamponne-le et suspends-le tel quel.
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4 — Suspendre et surveiller
Sur le crochet. En salaison, c'est la perte de poids qui décide : la viande pend au Meatdryer et se pèse du début à la fin, pendant qu'il lit la température et l'humidité à côté. À partir de là, ce sont la recette et les chiffres, et tu as les deux dans l'application.
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5 — Manger. Puis progresser
Le niveau de sel, les épices, jusqu'où tu as poussé la perte de poids — c'est du goût, pas des règles. Note ce que tu as fait dans le Labo de l'application, change une chose la fois suivante, et en un an tu auras ton propre style.
À propos du sel
La plupart de ce qui est ici ne demande rien d'autre que du sel. Gros, et non iodé.
Certaines recettes réclament plutôt un sel nitrité — vendu sous le nom de sel nitrité, de sel rose ou sous un numéro. Il existe pour des raisons qui comptent surtout en production industrielle : longue conservation, mise sous vide, des mois entre l'usine et le rayon. Il tient aussi la couleur rouge qu'on attend d'une tranche de supermarché. Les recettes qui en ont besoin le disent, et elles disent combien.
Le nitrite est un additif réglementé, et il existe un long débat sur la charcuterie et la santé auquel nous préférons ne pas ajouter notre voix. Notre position est simple : nous évitons le sel nitrité quand une recette n'en a pas besoin. Tout ce qui est dans notre guide de salaison — pancetta, bresaola, biltong — se fait sans.
La charcuterie du commerce en contient presque toujours. La faire toi-même, c'est décider exactement de ce qui entre dedans. Quand une recette en demande vraiment : suis la recette, et suis ton autorité sanitaire nationale.
Suspends-la où tu veux
Une cuisine, un grenier, une cave, un garage, un cellier, ou dehors. Tu n'as pas besoin d'une armoire pour commencer, ni pour obtenir un bon résultat.
Ce qui décide où tu peux suspendre quelque chose, c'est le morceau, pas la pièce. Les morceaux gras veulent du vrai froid — une pancetta ou une coppa suspendue un mois chaud tournera mal, et aucune surveillance au monde ne la sauvera. Les morceaux maigres, c'est l'inverse : le biltong et le jerky sèchent à l'air libre en Afrique du Sud depuis des siècles, et une semaine chaude et sèche est exactement ce qu'il leur faut.
La réponse honnête à où puis-je la suspendre est donc une autre question — qu'est-ce que tu veux faire, et quel mois sommes-nous ? Choisis le morceau selon la place dont tu disposes, et tu peux commencer ce week-end.
Chez toi
Dehors
Une cave de maturation
La plupart des morceaux, selon la saison où tu vis
La plupart des morceaux aussi, selon la météo
Tous, y compris les morceaux gras
De l'automne au printemps pour la plupart des morceaux. Biltong et jerky en été
Quand le temps est sec et assez frais. Les morceaux maigres comme le biltong et le jerky pendant les mois plus chauds
Toute l'année
Un endroit frais et calme où la viande peut pendre tranquille — une cuisine, une cave, un grenier, un garde-manger, un cellier. Un appartement fait très bien l'affaire
Un endroit sec et à l'abri de la pluie, et le filet anti-mouches. Les mouches trouvent la viande plus vite que tu ne le crois
Une cave achetée, une construite, ou un frigo reconverti. C'est la circulation d'air qui piège les gens, et un déshumidificateur règle généralement le problème
Rien
Rien, plus le filet
La voie la plus chère. Un frigo reconverti et quelques pièces coûtent bien moins
Le fumage à froid ajoute ce petit plus
Fume avant de suspendre, pas après.
La fumée froide reste assez fraîche pour que la viande ne commence jamais à cuire : elle prend le goût et sèche ensuite comme elle doit. La fumée chaude la cuirait, et une pièce cuite est terminée — elle ne deviendra plus de la charcuterie.
Cela vient après le sel, jamais à sa place. La fumée apporte le goût ; c'est le sel qui fait le travail. Aulne, hêtre, chêne, bois fruitiers — chacun a son goût, et c'est là l'essentiel du plaisir.
La fumée fait d'ailleurs plus que parfumer. Elle assèche un peu la surface et y laisse des composés qui gênent les moisissures et les bactéries — pas assez pour conserver à elle seule, c'est le rôle du sel, mais assez pour qu'un jambon fumé et un salami non fumé suspendus dans la même pièce ne se comportent pas pareil.
Il y a quatre façons de s'y mettre, et la première ne coûte presque rien.
Fumer dans ton propre barbecue
Un générateur de fumée froide
Construire un fumoir
Acheter un fumoir à froid
De la sciure ou une spirale à fumée sur un plateau, dans un barbecue couvert ou une caisse fermée
Un petit appareil qui fait couver de la sciure ou des granulés tout seul pendant des heures. Mets-le dans n'importe quel espace fermé — un barbecue, un vieux frigo, ou l'armoire où la viande pend déjà
Une caisse en bois que tu fabriques, avec la fumée amenée par un conduit depuis une source posée à l'écart. La distance, c'est tout le principe — une fumée qui parcourt quelques mètres arrive fraîche
Une armoire conçue pour ça, avec le générateur de fumée, la régulation de température et souvent un suivi automatique
Presque rien — une poignée de sciure et un après-midi
Une pièce peu coûteuse
Un week-end, un peu de bois et un tuyau
La brancher
Savoir si ça te plaît
La plupart des gens, la plupart du temps
La place pour un jambon entier, et la maîtrise qui va avec
Fumer souvent, et vouloir le même résultat à chaque fois
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Jambon et muscle entier
Prosciutto, serrano, coppa, lonzino, bresaola. Un seul muscle, salé, épicé et suspendu jusqu'à ce qu'il ait perdu le poids que demande la recette. Le plus lent des trois et le plus gratifiant — un jambon entier peut pendre la plus grande partie d'une année.
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Saucisson et salami
Salami, chorizo, saucisson, spickekorv. Haché, assaisonné, embossé et suspendu — pas la saucisse que tu poêles, mais celle que tu tranches. Ficelle-le pour qu'il pende droit et sèche régulièrement, et compte en semaines plutôt qu'en mois.
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Le gibier
Chevreuil, sanglier, élan, cerf. Maigre, ce qui le rend tolérant sur la température et rapide à sécher. Si tu suspends le tien, tu es déjà à mi-chemin — le crochet prend le comptage à sa charge.
Salaison ou maturation à sec ?
La différence qui compte, c'est ce que tu obtiens à la fin.
La maturation à sec vise le goût et la tendreté d'une viande que tu vas cuire. Une pièce de bœuf pend dans un air froid en mouvement, ses propres enzymes relâchent les fibres, et des semaines plus tard elle passe sur le gril — meilleure qu'avant, mais toujours un steak, et toujours quelque chose que tu cuis.
La salaison, c'est de la conservation. Le sel et les épices d'abord, l'eau part sur des semaines ou des mois, et ce qui reste se garde sans frigo et se mange tel quel — en tranches fines, cru, comme le prosciutto et la bresaola se sont toujours mangés.
La mesure diffère aussi. La maturation à sec suit surtout la température, l'humidité et le temps : la viande n'a donc pas besoin de pendre au Meatdryer — garde-le à proximité et il suit les conditions. La salaison se décide à la perte de poids, alors ici la viande pend au crochet et se pèse du début à la fin.
Sel et épices avant de suspendre, mangé cru : c'est la salaison. Rien d'ajouté, cuit ensuite : c'est la maturation à sec.
Questions fréquentes
Lequel me faut-il ?
Le Meatdryer Hook (vert) est notre classique — avec les bons accessoires, il fait tout le travail à lui seul. L'Artisan Kit est la version premium : les mêmes mesures, notre crochet brun et cuivre, avec un crochet accessoire et un tapis à outils pour tout ranger.
Ai-je besoin de la ficelle et du filet ?
La ficelle — faire des boucles fait partie de la suspension, et prends toujours une ficelle alimentaire. Le filet, partout où tu suspends ailleurs que dans un frigo fermé et où des insectes peuvent traîner.
Ai-je besoin d'une cave de maturation ?
Non, mais c'est un vrai plus si tu peux te l'offrir. Une pièce fraîche et calme suffit la plus grande partie de l'année, et un frigo en trop fait le reste. Ce qui compte, c'est de voir dans quelles conditions tu es — et c'est justement ce dont le crochet se charge.
Quel poids peut-il porter ?
Jusqu'à 15 kg suspendus au Meatdryer lui-même. Au-delà — un animal entier, une demi-carcasse — suspends la viande à un rail sur des crochets rigides et garde le Meatdryer à côté. Il suit toujours la température, l'humidité et le temps, et fonctionne pour la maturation à sec, mais tu perds la lecture du poids — et en salaison, c'est justement la mesure que vise la recette.
Peut-on faire sans sel nitrité ?
Pour beaucoup de recettes, oui, et quantité de recettes traditionnelles n'en ont jamais utilisé. Quand une recette en demande, c'est écrit, et la quantité aussi. C'est toi qui décides de ce qui entre dedans.
La moisissure, c'est normal ?
La moisissure blanche et poudreuse est normale, et souvent recherchée. C'est la même que sur un salami du commerce ou sur la croûte d'un brie, et elle protège la surface pendant que la viande sèche. Le gris et le vert suivent souvent sur une longue salaison et sont généralement sans danger — le test, c'est l'odeur : terreuse et champignonnée. Le noir ne l'est pas, et rien de ce qui sent mauvais ne l'est. Cette pièce va à la poubelle.
Un coup de chiffon au vinaigre et à l'eau enlève la moisissure si tu préfères ne pas la voir, et beaucoup nettoient simplement à la fin. Mais une moisissure qui revient sans cesse te dit quelque chose sur l'air, pas sur la viande — trop humide, pas assez de mouvement. Et ça, c'est justement ce que le crochet te montre.
L'extérieur est dur mais le cœur est encore mou. Que s'est-il passé ?
Ça a séché trop vite. La surface s'est fermée avant que l'humidité du cœur puisse sortir, et la voilà piégée — la pièce ne perd plus de poids et ne finit jamais vraiment. C'est la façon la plus courante de rater un premier essai, et c'est un problème d'air, pas de sel : trop sec, trop de mouvement, ou les deux.
Ce n'est pas toujours perdu. Mets la pièce sous vide et laisse-la au frigo : l'humidité se répartit à nouveau à l'intérieur. Mieux vaut ne pas en arriver là — et c'est à ça que sert la surveillance de l'humidité.